Séquence pédagogique sur les crises financières et leur propagation à l’économie réelle

, par Catherine Le Coent-Guigue, Milan Vujisic

La production qui suit a été préparée par deux professeurs agrégés d’économie et gestion :

  • Mme Catherine LE COENT qui enseigne au lycée Guy de Maupassant de Colombes (92)
  • M. Milan VUJISIC, professeur au lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie (78)

Elle permet d’illustrer un point particulier (et difficile !) du nouveau programme d’économie générale des classes de BTS*.
Elle s’appuie sur des supports adaptés et nous remercions les éditeurs de nous avoir autorisés à les utiliser.
Nous remercions plus particulièrement Monsieur Michel AGLIETTA, professeur de sciences économiques à l’Université Paris X – Nanterre, de nous avoir permis d’exploiter le vidéogramme annexé.
Ces séquences ont été enregistrées lors de la conférence organisée par les IA-IPR d’économie et gestion de l’académie de Versailles.
Cette conférence s’est déroulée le 12 février 2009 au lycée Léonard de Vinci de Levallois-Perret (92). Deux cents professeurs ont pu y assister.
Vous pourrez visionner courant mars l’intégralité de cette brillante intervention et télécharger le diaporama projeté lors de cette conférence.

La séquence présentée est très riche. Elle permet, en partant des risques financiers au niveau mondial, de créer le lien avec l’instabilité, les crises et leur propagation. L’interdépendance sphère financière – sphère réelle est clairement illustrée.

Il revient maintenant à chaque professeur d’adapter la séquence à son public d’étudiants et à faire en sorte qu’elle leur permette d’acquérir les compétences qui figurent au programme.

Le groupe des IEN-ET et des IA-IPR
D’économie et gestion
De l’académie de Versailles

Durée : 2 heures.

Supports : Documents écrits, vidéo (conférence de M.Aglietta).

Conditions : Classe de BTS 2e année - Leçon en classe entière

Place dans le programme d’économie générale de BTS2
Thème 4 : Le financement des activités économiques
4.4 - La globalisation financière et l’efficacité du financement international des activités économiques
4-2 : L’accroissement des risques au niveau mondial

  • L’instabilité du système
  • Les crises-propagation mondiale
  • L’interdépendance sphère financière-sphère réelle

Objectifs :

  • En utilisant essentiellement l’exemple de la crise financière de 2008 et le support vidéo de la conférence de Michel Aglietta, l’objectif est de faire comprendre l’instabilité du système financier mondial et l’interdépendance entre la sphère financière et la sphère réelle.

Pré-requis :

  • Le marché financier et son rôle économique (point 4.2)
  • Les institutions financières et leur rôle (point 4.3)
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4-2 : L’accroissement des risques

1. L’augmentation des risques et le déclenchement des crises financières

a) Identification des risques

Le financement des agents économiques par les banques et les marchés entraîne un certain nombre de risques.

Doc 1 : Présentations des risques encourus par les banques ’

17 - Risque, risques

Le risque, c’est le malin génie de l’économie, et c’est aussi la matière première de la banque. C’est ce avec quoi il lui faut travailler, en distinguant d’abord les bons risques de contrepartie (les crédits) ceux qui valent d’être pris, avec le taux d’intérêt qui va avec, des autres risques, ceux qui sont trop importants ou pas assez bien payés. Prendre un risque, c’est donc vérifier, réfléchir, surveiller, et avoir éventuellement le courage de refuser. La forme majeure du risque dans une banque est en effet le risque de crédit, celui auquel elle s’expose si le prêt accordé n’est pas remboursé. La banque connaît certes d’autres risques, que l’on verra plus loin : ils découlent en réalité du risque de crédit. C’est pour cela qu’il faut à la banque des informations, des garanties, éventuellement l’appui de la justice, car autrement elle perd de l’argent. Cet argent est en partie le sien (ses fonds propres), mais bien plus celui de ses clients, qui lui ont fait confiance en déposant chez elle leurs avoirs. La banque travaille avec l’argent des autres, ce qui n’est pas si facile et commande la prudence. Si la banque travaille mal, elle affaiblit sa position, ce qui ne bénéficie ni à elle, bien sûr, ni à ses clients qui déposent chez elle, ni non plus à ceux qui, eux, remboursent leurs dettes. Le risque de marché concerne l’évolution d’un actif de marché qui n’est pas celle qui était prévue : change, taux, titres, liquidité. Cela peut affecter les clients de la banque (et renforcer le risque de crédit) ou la banque elle-même, notamment dans ses opérations internationales ou de gestion actif-passif (§75)

Source : Les 100 mots de la banque par G. Pauget et JP Betbèze Edition Que sais-je ? juin 2008

Questions :

  1. Repérez les deux types de risques pris par les banques.
  2. Comment les banques peuvent-elles minimiser le risque de crédit ?

Doc 2 : Les risques liés aux marchés financiers : exemple de l’obligation

L’acheteur d’une obligation supporte deux risques :

  • le premier est celui d’une défaillance de l’émetteur. Bien que l’investisseur dispose d’une créance sur la société, il peut perdre tout ou partie de son capital. Ce risque est évidemment quasi nul dans le cas des obligations d’Etat. Afin d’éclairer sur les risques encourus, des agences spécialisées examinent les émetteurs et attribuent des notes indiquant leur capacité à honorer leurs engagements. Les emprunteurs les plus solides sont notés par exemple AAA, alors que ceux qui risquent d’avoir plus de difficultés à rembourser leurs dettes se voient attribuer des lettres plus lointaines dans l’alphabet. Ils sont donc obligés d’offrir des rendements supérieurs pour attirer les investisseurs, alors que les premiers peuvent se permettre d’offrir des taux plus bas, puisqu’ils ont toutes les chances de rembourser leurs dettes. C’est un élément fondamental à prendre en compte avant d’investir.
  • Le second risque est lié aux évolutions de taux d’intérêt. Avec les obligations à taux fixe, la valeur boursière de l’obligation évolue lorsque les taux d’intérêt changent sur les marchés financiers. Si les taux montent, le prix de l’obligation diminue (il est revu à la baisse afin que l’obligation offre le même rendement que celui du marché) ; si les taux diminuent, la valeur de l’obligation monte. Dans les deux cas, ces mouvements n’ont pas de conséquence pour les investisseurs qui conservent leurs obligations jusqu’au terme, puisqu’elles seront alors remboursées à leur valeur d’origine.
    Source : www.lafinancepourtous.com

Questions :

  1. Pourquoi les placements en obligations sur le marché financier sont-ils risqués ?
  2. L’investissement en obligations est-il plus risqué que l’investissement en actions ?

b) Innovations financières et augmentation des risques

Les innovations financières comme la titrisation ont entraîné une augmentation des risques financiers.

Doc 3 : La titrisation ou comment les banques transfèrent les risques de crédits aux marchés

Définition
La titrisation permet à un établissement financier de transformer n’importe quels types de créances (crédit bancaire, crédit à la consommation, au crédit immobilier …) en titres négociables [1] sur des marchés financiers. Son but est de permettre à l’établissement préteur de transférer à un tiers le risque de non- remboursement de la créance initiale
Site : www. kezeco.fr (site du Conseil pour la diffusion de la culture économique, le Codice)

Risque
Avec la titrisation, la vigilance des banques et des courtiers immobiliers qui ont initié les crédits aux ménages a été moins importante sur la capacité de ces derniers à rembourser correctement leur emprunt. Les banques qui « titrisent » portent moins les crédits. Elles se rémunèrent à la commission, puis revendent le crédit. Elles font de la quantité et peuvent être moins regardantes sur la qualité. Ce qu’on appelle l’aléa moral [2] a joué à plein Site : www.lafinancepourtous.com

Questions :

  1. Rappeler ce qu’est un « titre négociable ».
  2. Quel est l’intérêt pour une banque de titriser ses crédits ?
  3. Quel est le principal risque de la titrisation ?

c) vidéo Aglietta sur la crise financière de 2008 (conférence du 12/02/09 au Lycée Leonard De Vinci de Levallois Perret) : le rôle de la titrisation et des crédits à risque (crédits « subprime ») dans la crise financière de 2008

Michel Aglietta, professeur de Sciences économiques à l’université de ParisX-Nanterre, explique les différents facteurs de la crise financière de 2008 en commençant par la crise immobilière qui a frappé les Etats-Unis et la crise des crédits « subprime » [3]

  • Video : « Aglietta_titrisation » durée 6’45
  • Diapositive 1

Diapositive 1 : Indicateurs de prix dans l'immobilier résidentiel

  • Diapositive 2

Diapositive 2

Questions :

  1. Quelle est la principale conséquence de la titrisation ?
  2. Pourquoi peut-on parler de bulle immobilière ?(diapo 1)
  3. Pourquoi le crédit « subprime » est-il dangereux ?(diapo 2)

2. Propagation des crises sur les différents marchés et interdépendances de la sphère financière et de la sphère réelle.

La crise immobilière se propage d’abord dans la sphère financière avant de gagner l’économie réelle.

a) De la crise hypothécaire à la crise financière

Document 1 - vidéo : La crise systémique

  • Diapositive 1 : La crise éclate dans le crédit hypothécaire titrisé : baisse des prix et explosion des saisies
Diapositive 3
  • Diapositive 2
Diapositive 4

Questions :

  1. Expliquez la crise de liquidités du système bancaire décrite par Michel Aglietta.
  2. Comment la crise immobilière s’est-elle propagée à l’ensemble du système financier ?
  3. Donnez une définition du « risque systémique ».

b) De la crise financière à la crise économique.

Document 3 - vidéo : La propagation de la crise de la finance à l’économie.

Diapositive : Richesse et épargne des ménages :

Sources : Datastream, Groupama AM

Questions :

  1. Comment la crise économique se manifeste-t-elle ?
  2. De quelle manière cette crise, qui est née aux Etats-Unis, touche-t-elle les pays émergents ?
  3. Terminez la dernière phrase de Michel Aglietta
  4. Quelles sont les conséquences de la réaction des ménages à la crise pour l’ensemble de l’économie mondiale ?
  5. Définissez l’ « effet de richesse ».

Notes

[1ces titres sont des obligations qui portent, pour certaines, le nom d’ABS (Assets Backed Securities) ou de CDO (collaterised Debt Obligations)

[2L’alea moral : consiste dans le fait qu’une personne ou une entreprise assurée contre un risque peut, de ce fait, se comporter de manière plus risquée que si elle était totalement exposée au risque. Exemple : si le propriétaire d’un vélo qui s’assure contre le vol réduit la taille des antivols au prétexte que si son vélo est volé il sera remboursé, il fait jouer l’aléa moral.

[3Le crédit « subprime » : un crédit hypothécaire risqué accordé aux ménages américains

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