Travail
collaboratif, coopératif ou encore travail de capitalisation, autant
de termes dont les significations se rapprochent et méritent donc une
définition et une distinction claires.
a) Définition et notions voisines
Le travail collaboratif : Il s’agit d’un
travail de groupe d’égal à égal
(sans lien hiérarchique de commandement ou d’impulsion)
qui fonctionne sans véritable organisation préalable
(coordination).
Chaque intervenant apporte son savoir, son idée en pouvant ou non s’inspirer
des apports réalisés précédemment par les autres
(travail que l’on peut apparenter à une réunion
de type non directive recherchant la créativité)
Exemple : un wiki : chaque internaute peut ajouter un commentaire sur le site ou corriger ceux des autres.
Exemple
: un tableau blanc : chaque internaute écrit, dessine ou dépose
un document sur le tableau.
- Le
travail se fait par accumulations et modifications
permanentes ; - Les
rapports sont très souvent qualifiés d’horizontaux
; - Le mode
de communication est plutôt synchrone même
si le travail asynchrone n’est pas impossible ; - Le travail
individuel est difficilement identifiable à
la fin.
Le travail coopératif : Le travail est un travail
de groupe hiérarchiquement organisé qui fonctionne
suivant un planning impliquant des délais et un partage des tâches
(coordination).
Chaque intervenant sait ce qu’il doit faire dès le début
et communique, échange ou partage des éléments uniquement
pour arriver à son objectif individuel.
A la fin, le travail de chacun est relié pour créer un objet unique
de travail.
Exemple : un blog : même si chaque internaute peut apporter son commentaire, le modérateur du blog a déterminé à l’avance le thème de discussion (cadrage important) et peut également à tout moment décider de supprimer un apport.
- Le travail
se fait par addition de travaux individuels ; -
Les rapports sont très souvent qualifiés de verticaux ;
-
Le mode de communication est plutôt asynchrone même si le travail synchrone n’est pas impossible ;
-
Le travail individuel est facilement identifiable à la fin.
|
Eléments Travail |
Les
éléments communs sont donc nombreux entre ces deux notions mais
ceux qui permettent de les distinguer sont clairement identifiés et nous
amènent donc à éviter toute confusion.
Remarque
: Le programme de CGRH ne mentionne que le travail coopératif !
On peut encore apporter une précision à cette définition
en distinguant trois types de travail coopératif :
-
La coopération additive :
Intellectuellement, l’homme apparaît comme un ordinateur particulier,
caractérisée par une capacité de traitement de l’information
lente, limitée et séquentielle.
Cette capacité limitée peut être compensée par
une "coopération additive" : en combinant capacités
et efforts, un ensemble d’individus peut effectuer une tâche qu’un
seul individu n’aurait pu réaliser seul. -
La coopération intégrante :
Chaque salarié étant donc spécialisé, il doit
pouvoir travailler en se concentrant sur cette spécialisation sans
avoir à réaliser d’autres tâches. En cela, l’outil
informatique peut le libérer des tâches intellectuelles connexes,
notamment celles de contrôle qui pourraient le perturber dans son travail
premier. -
La coopération de débat :
L’outil informatique apporte dans ce type de coopération une
aide à la réflexion et à la résolution de problèmes
en collectant un ensemble de points de vue et en extirpant la solution la
plus adéquate au problème posé.
b) Lexique des termes techniques
Le
travail coopératif suppose l’utilisation des TIC (technologies
de l’information et de la communication) et la connaissance d’un
certain nombre de notions techniques.
Espace
numérique de travail (ENT) : Un espace numérique
de travail désigne un dispositif global fournissant à un usager
un point d’accès à travers les réseaux à l’ensemble
des ressources et des services numériques en rapport avec son activité.
Il est un point d’entrée pour accéder au système
d’information de l’établissement ou de l’école.
Portail
: La notion de portail a largement évolué pour passer d’une
simple interface ergonomique à une application au périmètre
fonctionnel.
Il permet aujourd’hui d’agréger et d’intégrer
les applications métier, les applications de travail collaboratif, les
données structurées et non structurées et différents
services.
Workflow
(flux de travail ou gestion électronique de processus métier)
: Un workflow est un flux d’informations au sein d’une organisation, comme par
exemple la transmission automatique de documents entre des personnes.
On appelle « workflow » (traduisez littéralement «
flux de travail ») la modélisation et la gestion informatique de
l’ensemble des tâches à accomplir et des différents acteurs
impliqués dans la réalisation d’un processus métier (aussi
appelé processus opérationnel ou bien procédure d’entreprise).
Le terme de « workflow » pourrait donc être traduit en français
par « gestion électronique des processus métier ».
De façon plus pratique, le workflow décrit le circuit de validation,
les tâches à accomplir entre les différents acteurs d’un
processus, les délais, les modes de validation, et fournit à chacun
des acteurs les informations nécessaires pour la réalisation de
sa tâche. Pour un processus de publication en ligne par exemple, il s’agit
de la modélisation des tâches de l’ensemble de la chaîne
éditoriale.
Il permet généralement un suivi et identifie les acteurs en précisant
leur rôle et la manière de le remplir au mieux.
Wiki : Un wiki est un système de gestion de contenu
de site internet qui rend les pages Web librement et également modifiables
par tous les visiteurs autorisés.
Les wikis sont utilisés pour faciliter l’écriture collaborative
de documents avec un minimum de contrainte.
Le wiki a été inventé par Ward Cunningham en 1995, pour
une section d’un site sur la programmation informatique qu’il a appelée
WikiWikiWeb. Le mot « wiki » vient du redoublement hawaiien wiki
wiki, qui signifie « rapide ».
Blog
: Un blog ou blogue est un site Web constitué par la réunion d’un
ensemble de « billets » triés par ordre chronologique. Chaque
billet (appelé aussi note ou article) est, à l’image d’un journal
de bord ou d’un journal intime, un ajout au blog ; le blogueur (tenant du blog)
y porte un texte, souvent enrichi d’hyperliens et d’éléments multimédias
et sur lequel chaque lecteur peut généralement apporter des commentaires.
Serveur
: Un serveur informatique est un ordinateur ou un programme informatique qui
rend service aux ordinateurs et logiciels qui s’y connectent à travers
un réseau informatique, les clients. Il est possible pour un ordinateur
d’être client et serveur en même temps.
Ce service peut consister à stocker des fichiers, transférer le
courrier électronique, héberger un site Web, etc.
La connexion client-serveur utilise un protocole de communication (le protocole
TCP/IP par exemple).
FTP
: Le File Transfer Protocol (protocole de transfert de fichiers), est un protocole
de communication dédié à l’échange informatique
de fichiers sur un réseau TCP/IP. Il permet, depuis un ordinateur, de
copier des fichiers depuis ou vers un autre ordinateur du réseau, d’administrer
un site web, ou encore de supprimer ou modifier des fichiers sur cet ordinateur.
La variante sécurisé de FTP avec les protocoles SSL ou TLS s’appelle
FTPS.
Vidéoconférence
: Conférence réalisée à distance au moyen d’un
réseau d’ordinateurs connectés en interne (intranet) ou
externe (internet) et équipés de caméras et microphones
permettant une discussion en direct.
Internet
: Internet est le nom donné au réseau informatique mondial, reposant
sur le système d’adresses global des protocoles de communication TCP/IP
(Transmission Control Protocol/Internet Protocol) et qui rend accessible au
public des services comme le courrier électronique et le World Wide Web.
Intranet
: Un réseau intranet est un réseau fondé sur la technologie
IP (Internet Protocol) réservé aux communications internes d’une
entreprise ou d’un organisme. Il permet de bénéficier de
la norme IP pour l’échange des informations et d’une présentation
conviviale des informations, le langage HTML autorisant une lecture non linéaire
des pages consultées, grâce à l’utilisation de liens
hypertexte
Extranet
: Réseau Intranet (ou simplement une partie de ce réseau) accessible
à certaines personnes situées à l’extérieur
de l’entreprise par une entrée protégée (identifiant, mot
de passe).
Liste
de diffusion : Elle permet à un groupe de personnes de communiquer
sur un thème donné par l’intermédiaire du courrier électronique.
Il est nécessaire de s’abonner (en général gratuitement)
à la liste de diffusion pour pouvoir participer aux discussions. Les
abonnés écrivent à l’adresse électronique de la
liste, courrier qui sera automatiquement distribué à tous les
abonnés de la liste
Forum
: Service permettant l’échange et la discussion sur un thème donné
: chaque utilisateur peut lire à tout moment les interventions de tous
les autres et apporter sa propre contribution sous forme d’articles.
LES
TECHNOLOGIES DE CONNEXION A INTERNET :
RTC
(réseau téléphonique commuté) : le débit
sur cette ligne n’est que de 56 Kbit/s !RNIS
: Un réseau numérique à intégration de services
(RNIS) est une liaison autorisant une meilleure qualité et des vitesses
pouvant atteindre 2 Mb/s. C’est la version professionnelle proposée
aux entreprises à l’époque du RTC.ADSL
: Le transport de données s’effectue sur la ligne téléphonique
traditionnelle mais il utilise des fréquences supérieures à
celles d’un signal voix. Les données et le signal voix circulent simultanément
sur la même ligne sans interférer à la fin grâce
à un filtre ADSL. Le débit peut atteindre 6 Mbit/s.ADSL2+
: c’est à peu près la même technologie que l’ADSL
mais l’utilisation de fréquences plus développées
permet un plus grand débit (jusqu’à 22 Mbit/s dans les
conditions optimales).CABLE
: L’accès à internet est autorisé par
un câble indépendant du réseau téléphonique.
La technologie du câble utilisé est d’une qualité
suffisante pour permettre de hauts débits (20 Mbit/s voire 100 Mbit/s
selon les fournisseurs d’accès).GSM
: (on parle aussi de WAP ou 2G) : c’est l’accès à
internet grâce à l’utilisation d’un téléphone
mobile. Le débit est très faible : 9,6 kbit/s !GPRS
(appelé aussi 2,5G) : Evolution en terme de débit par rapport
au GSM, il s’agit donc d’un accès à internet grâce
à un téléphone mobile.UMTS
(ou 3G) : Evolution en terme de débit par rapport au GPRS, il s’agit
donc d’un accès à internet grâce à un téléphone
mobile. Le débit peut avoisiner 2 Mbit/s dans de très bonnes
conditions !).WIFI
: Le Wi-Fi est une technologie de réseau informatique sans fil mise
en place pour fonctionner en réseau interne et, depuis, devenue un
moyen d’accès à haut débit à Internet. Il est
basé sur la norme IEEE 802.11 (ISO/CEI 8802-11). Différentes
déclinaisons de cette norme ont vu le jour depuis avec une augmentation
des débits jusqu’à 100 Mbit/s (théoriques) pour
la dernière version : 802.11n.WIMAX
: C’est une forme de liaison wifi qui a pour objectif d’être
accessible en ville (grâce à des pylônes) avec notamment
un service de téléphonie mobile sans abonnement. Inutile de
dire que les débits sont importants (plusieurs dizaines de Mbit/s théoriques).FTTH
: FTTH est l’acronyme du terme anglais Fiber To The Home,
signifiant littéralement en français « fibre jusqu’au
foyer ». Il s’agit du nom d’une technologie visant à concurrencer
les technologies ADSL en installant de la fibre optique jusque chez l’abonné.
Les coûts de déploiement de cette technologie sont pour l’instant
tels qu’elle ne se justifie que dans les zones denses. Le reste du territoire
étant voué à rester desservi en ADSL, du moins en l’absence
de financement public.
Cette technologie définit un type d’infrastructure de communication
permettant l’accès à Internet et aux services associés
à des débits jusqu’à 1 Gbit/s dans chaque sens, soit
des débits très supérieurs à ceux accessibles
via la paire de cuivre téléphoniqueSATELLITE
: Depuis quelques années, les technologies de communication par satellite
sont utilisées pour des connexions Internet à haut-débit.
C’est surtout très utile pour des utilisateurs très isolés
qui ne peuvent pas être connectés en ADSL ou via la réseau
téléphonique. Ces technologies servent aussi pour des entreprises
ou des organisations implantées mondialement et ne voulant pas dépendre
d’un opérateur de télécommunication local pas toujours
fiable, et qui veulent que tous leurs réseaux soient gérés
par le même opérateur
FLUX
RSS : Un flux RSS ou fil RSS, sigle de Rich Site Summary (Sommaire
développé de site) est un format de syndication de contenu Web,
codé sous forme XML. Ce système permet de diffuser en temps réel
les nouvelles des sites d’information ou des blogs, ce qui permet de rapidement
consulter ces dernières sans visiter le site.
PODCASTING
: Le Podcasting ou baladodiffusion est un moyen gratuit de diffusion de fichiers
audio ou vidéo sur Internet que l’on nomme podcasts ou balados.
Le podcasting, se différencie de la radiodiffusion par la diffusion du
son ou de la vidéo, non pas par un mécanisme centralisé
qui enverrait un flux vers ses auditeurs mais par l’action des auditeurs
qui vont chercher eux-mêmes les fichiers podcast.
Les auteurs des émissions publient des fichiers audio qui peuvent s’apparenter
à une émission radio classique. C’est ensuite aux auditeurs que
revient le rôle de créer leur propre liste de lecture par
leurs différentes souscriptions.
Le téléchargement des programmes, issus des multiples sources
qu’ils ont choisies, est alors automatique. Cette technologie est possible grâce
au streamcast qui diffuse en continu le fichier.
POSTE
A POSTE (Peer to peer) : Les réseaux pair-à-pair
permettent à plusieurs ordinateurs de communiquer, de partager des informations,
des fichiers le plus souvent, mais également des flux multimédia
continus (streaming). Chaque ordinateur joue alors (grâce à
un logiciel) le rôle de serveur et de client.
GROUPWARE
(groupe de travail) : Le groupware est l’ensemble des technologies
et des méthodes de travail associées qui, par l’intermédiaire
de la communication électronique, permettent le partage de l’information
sur un support numérique à un groupe engagé dans un travail
collaboratif et/ou coopératif.
OPEN
SOURCE : La désignation Open Source (Code source libre ou
Code source accessible en français) s’applique aux logiciels dont la
licence respecte des critères précisément établis
par l’Open Source Initiative. Voici les principaux critères :
- la
libre redistribution ; - un
code source disponible ; - les
travaux dérivés possibles.
COLLECTICIEL
: C’est un système informatique qui aide deux utilisateurs ou plus
à prendre en charge une tâche commune et qui fournit une interface
pour un environnement partagé.
SYNERGICIEL
: Logiciel permettant de travailler en commun sur un projet à l’aide
d’un réseau local.
PARTAGICIEL
(OU SHAREWARE) : Un partagiciel ou shareware est un logiciel accessible
mais protégé par le droit d’auteur. L’usage peut être
donc limité dans le temps ou par un nombre restreint d’utilisations
jusqu’au paiement du prix intégral à l’auteur. Le
logiciel est alors le plus souvent débloqué par une clé
d’activation.
2.
Les outils, logiciels et supports utilisés pour le travail coopératif
Le
choix des outils (l’ordinateur, ses composants et ses périphériques),
des logiciels et des supports est important pour l’entreprise car il peut,
d’une part, se révéler coûteux et, d’autre part,
complexe.
Il faut tout d’abord distinguer les outils, les logiciels
et les supports avant de lister les critères de choix
pour chacun d’entre eux. Nous terminerons sur des exemples concrets.
a)
Distinction entre outils, logiciels et supports
- Les
outils : L’ordinateur, ses composants et
ses périphériques
L’ordinateur
doit être choisi en fonction de l’utilisation qui va en être
faite. Certains ordinateurs sont qualifiés de « PC de bureau »,
d’autres de « PC multimédia »...
Dans
une entreprise, l’ordinateur non relié au réseau utilisé
dans un bureau pour un travail de simple bureautique (Word, Excel, Powerpoint...)
ne nécessite pas des composants performants.
En réseau et pour un travail coopératif, les composants doivent
être suffisamment puissants (processeur, mémoire, carte graphique...)
notamment pour un travail en multimédia (son, vidéo, images, transfert
de données, travail multitâches...)
Au-delà
de l’ordinateur et de ses composants, il faut également s’intéresser
aux périphériques.
Un périphérique est un objet qui se connecte par un port (filaire,
infrarouge, wifi ou Bluetooth) afin d’apporter à un ordinateur
une fonction supplémentaire. (Webcam, microphone, tablet PC, souris,
imprimante...)
Dans
le domaine du travail coopératif, certains périphériques
sont indispensables : pour une vidéoconférence par exemple, il
est nécessaire de posséder une webcam.
- Les
logiciels : synergiciels
- collecticiels...
Ce
sont des programmes qui sont au cœur du fonctionnement d’un ordinateur
et de ses périphériques. Ils commandent des opérations
plus ou moins complexes, calculent et affichent des données. Chaque logiciel
est classé selon sa spécialité. Au rang des premiers se
trouvent les systèmes d’exploitation (Windows, Linux...)
sans lesquels l’ordinateur ne serait qu’un amas de composants électroniques.
Ensuite, viennent les logiciels de traitement de texte, les tableurs, les logiciels
de gestion et autres logiciels professionnels (progiciels).
Dans
le cadre du travail coopératif, de plus en plus de logiciels (appelés
synergiciels ou encore collecticiels : cf lexique 1.b.) apparaissent sur
le marché. Certains sont à installer sur les ordinateurs de l’entreprise
ou le serveur, d’autres sont proposés par accès à
internet (dans ce cas une simple connexion suffit car le logiciel est installé
sur le serveur internet).
- Les
supports : Internet
- Blog - Wiki - Extranet - GPRS - PDA -
Intranet - GEIDE...
Différents
supports utilisés généralement pour d’autres fonctions
sont totalement adaptés au travail coopératif.
D’une
manière générale, l’Internet semble
être le support de référence ; celui qui permet de mettre
en relations les personnes sur de longues distances.
Ainsi,
les blogs qui sont plutôt connus pour leur utilisation
ludique dans un cadre privé ont peu à peu gagné la sphère
professionnelle. Tout d’abord comme des forums de discussion puis comme
des plates-formes de travail coopératif.
Le principe du wiki a été également extirpé
de la sphère du privé pour des applications professionnelles sous
forme de travail coopératif.
L’extranet
ne demeure pas en retrait et semble même se développer de plus
en plus sous la forme connue du télétravail. Ainsi, la technologie
du GPRS (cf. lexique 1.b.) et le développement des téléphones
portables et des PDA (Personal Digital Assistant) autorisent
des travaux coopératifs à distance.
Enfin,
l’intranet qui se distingue par sa caractéristique
professionnelle originelle est un support évident pour le travail coopératif
sur des liaisons de courtes distances.
S’appuyant
sur ce support, un autre est venu se développer : la GEIDE
(gestion électronique d’informations et de documents en entreprise).
Le travail coopératif peut être révélé ici
par la capitalisation d’informations notamment dans le cadre d’une
veille informationnelle.
b) Les critères de choix des outils, logiciels et supports
La
communication électronique fait appel à des outils prévus
sur des plates-formes de TCAO (travail coopératif assisté
par ordinateur) mais elle passe en général par des
outils indépendants déjà connus du grand public
(« causette », forum, courriel).
- La
pertinence dans le choix des outils, logiciels et supports diffère
en fonction du type de travail :
Certains
travaux impliquent une interaction synchrone (visioconférence,
tableau blanc partagé, « causette », etc.) ou asynchrone
(courrier et liste de diffusion, forum, outils d’édition en groupe).
Le
choix des outils dépend également du lieu. L’Internet
semble répondre efficacement à la mondialisation alors que l’Intranet
est le support évident du travail coopératif dans l’entreprise.
L’extranet quant à lui montre sa spécificité dans
la comparaison entre des métiers plutôt sédentaires (comptables)
et des métiers plutôt nomades (commerciaux).
Le
choix peut dépendre aussi de la taille du groupe. Ainsi,
une vidéoconférence à dix est quasiment impossible !
Enfin,
le choix peut être fait en tenant compte de l’objet du travail.
Par exemple, pour montrer un schéma technique à un collègue
à distance, on peut utiliser un logiciel de partage de document plutôt
qu’une webcam dont la définition n’est pas suffisamment performante.
- La
pertinence dans le choix des outils, logiciels et supports est également
fonction du coût :
Les
coûts impliqués par ces nouvelles technologies ne sont généralement
pas négligeables.
Il faut prendre en compte non seulement le coût induit par les technologies
(outils, logiciels et supports) mais aussi le coût représenté
par la formation du personnel.
Pour
une entreprise, ce coût technologique peut se révéler important
: on peut lister :
-
Un ordinateur adapté multiplié par le nombre de salariés
; - Un
serveur avec un système de sauvegarde et de protection des données
; - Un
(ou plusieurs) logiciel(s) avec un nombre de licences réseau correspondant
au nombre de PC ; - Un
réseau filaire ou wifi (câblage, routeur, répartiteurs,...)
; - Des
périphériques adaptés (webcams, microphones, tablet PC...)
; - Un
abonnement internet ; - Des
PDA ou téléphones portables avec la fonction GPRS ; - Un
numériseur professionnel ; - Une
plate-forme de coopération ; - Un
site intranet...
La
facture peut se révéler rapidement élevée ! Toutefois,
on peut noter qu’aujourd’hui de nombreux logiciels ou supports se
développent en « open source » (code source accessible
: cf lexique 1.b.).
A l’ère sacrée de la concurrence, tout porte à croire que
les logiciels libres gagnent du terrain sur leurs petits frères ennemis,
les logiciels propriétaires.
Souvent cela s’est fait en douceur, glissement du Pack Office à Open
Office 2, d’Internet Explorer à Firefox, d’un serveur Microsoft à
un serveur Linux.
Mais
les PME sont-elles si majoritaires à utiliser de l’Open Source ? Le seront-elles
demain ? Des enquêtes montrent que les PME françaises sont assez
frileuses pour le moment dans l’utilisation de ces logiciels (peur de
l’absence de fiabilité, de sécurité...) mais
elles apportent en même temps des éléments de réponse
qui laissent présager une utilisation progressive dans le futur (les
PME ont simplement besoin de temps pour se rassurer !).
- La
pertinence dans le choix des outils, logiciels et supports est enfin guidé
par l’ergonomie :
Cf.
: Programme de Terminale CGRH (Les conditions de travail)
L’ergonomie
des outils (ordinateur et périphériques)
impose des règles précises (bruit occasionné par le fonctionnement
du processeur - formes des outils ...)
De la même façon, les logiciels et supports doivent
se plier au respect de règles ergonomiques pour faciliter le travail
(couleurs - taille du texte - règle des trois clics - ...)
Ainsi, le travail coopératif nécessite une connaissance des
éléments techniques à l’origine de cette activité.
Le choix opéré par l’entreprise est à la fois stratégique,
économique, managérial et peut modifier en profondeur la vie d’une
entreprise.
c) Quelques exemples concrets d’outils, logiciels et supports
adaptés au travail coopératif :
- Les
outils
Un ordinateur multimédia adapté au travail collaboratif :
![]() |
Un
processeur double cœur et une mémoire vive
importante (2048 Mo) semblent parfaitement adaptés à
un travail qui nécessite souvent de faire fonctionner plusieurs applications
en même temps. La carte graphique apparaît également comme un composant important notamment si l’on prévoit de faire des vidéoconférences. Enfin, la qualité de l’écran (TFT ou LCD) au regard du temps passé devant semble être également un critère important ainsi que sa taille (plus de 20 pouces) qui permet de réaliser plusieurs tâches sur un même espace de vision (agenda positionné à côté d’un traitement de texte et d’une webcam par exemple). |
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Le |
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La |
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Le
tablet PC : C’est un outil pouvant s’apparenter à
un ordinateur portable mais qui offre une portabilité et une ergonomie
plus adapté au travail en extérieur. De plus, son écran tactile permet une prise de note rapide à l’aide d’un stylet. Une connexion internet donne la possibilité de travailler de manière coopérative ! |
![]() |
![]() |
Le
PDA avec GPRS : La communication totale au service d’un travail
coopératif. Cet outil qui connaît une forte progression des
ventes autorise la réalisation de tâches diverses qui additionnées
les unes aux autres concourent à un objectif commun. L’exemple donné sur le site de 01net.com est, à ce sujet, éloquent. L’entreprise « Fair’belle » ayant adopté cette technologie semble ravie du résultat. En effet, les commerciaux passent les commandes en temps réel depuis leur téléphone Bluetooth GPRS. Transféré au serveur du siège, un double du bon de commande est alors envoyé au client, par e-mail ou par fax. |
![]() |
La
http://solutions.journaldunet.com/0611/061123-3q-digitable-coldefy.shtml |
- Les
logiciels
Les
logiciels concernant le travail coopératif sont très nombreux.
Parfois spécifiquement créés pour ce type d’activité,
ils peuvent aussi provenir d’outils utilisés plus couramment pour
autre chose.
Les
logiciels de Workflow (cf. lexique 1.b.) :
Ce
sont les outils de coordination du projet global notamment en terme de gestion
totale du temps et des tâches, de synchronisation et de contrôle
du travail effectué.
Exemples
: Documalis workflow, Workflowgen, Cristal PME, Arena, CMlight...
Les
agendas partagés : (outil de Workflow)
Ils
permettent de consulter l’agenda de l’ensemble des collaborateurs,
la réservation de salles de réunions... à l’aide
d’onglets ou de moteurs de recherche internes.
Ils autorisent également une communication directe (instant messaging)
pour convenir des choix de planification entre plusieurs collaborateurs.
L’accès aux agendas peut se faire par connexion (intranet ou internet)
sécurisée.
Exemples
: Meeting Maker, partagenda, i-agenda,
et l’agenda de Google (Google calendar) qui est proposé
gratuitement !
http://www.google.com/calendar/render
Les
traitements de texte avec « option coopérative » :
Exemples
: Word (avec ses fonctions : espace de travail partagé,
suivi des modifications, comparaison et fusion de documents, collaboration en
ligne) ; Google writely (les documents peuvent être modifiés
par les personnes invitées par l’auteur).
Les
tableurs avec « option coopérative » :
Exemples
: Excel (avec ses fonctions : espace de travail partagé,
suivi des modifications, collaboration en ligne) ; Google Spreadsheets
(les documents peuvent être modifiés par les personnes invitées
par l’auteur).
Les
collecticiels (logiciels qui permettent le partage de documents) :
Ces
logiciels permettent à chaque salarié de classer des documents
dans des dossiers les rendant ainsi accessibles par des critères de sélection
dans un moteur de recherche interne au réseau local.
Exemple
: intranet Partner 4
Les
logiciels pour les webconférences :
Exemples
: Office live meeting (messagerie instantanée avec audio
et vidéo), meeting 3D, GoToMeeting ;
Les
PGI (progiciel de gestion intégré) :
C’est
un ensemble de logiciels intégrant les principales fonctions nécessaires
à la gestion des flux et des procédures de l’entreprise (comptabilité
et finances, logistique, paie et ressources humaines, etc.).
Ils accèdent à des ressources communes, en particulier des bases
de données et incluent généralement des outils de coopération
(Groupware, Workflow)
Les
plates-formes collaboratives :
Les
plates-formes se présentent comme la réunion sur un même
support d’un ensemble de fonctions précédemment évoquées
(partage de documents, communication, moteur de recherche, enquête en
ligne, journal interne, webmail, agenda partagé, traitement de texte
ou tableur...).
L’avantage d’une plate-forme collaborative est qu’elle est
créée « sur mesure » en fonction des besoins de chaque
organisation.
Ainsi, chaque salarié trouve en un clic (ou presque) l’ensemble
des fonctions utiles pour un travail coopératif sur son bureau.
Exemples
:
Microsoft Office Groove et SharePoint 2007, Mioga, Oryanoo
(démonstration en ligne :
http://www.oryanoo.com/oryanoo.ies?page=demo&reason=1&langsel=fr)
Exemples
d’applications de travail collaboratif appartenant au domaine public
:
Vous
pouvez trouver et télécharger sur ce serveur (http://www.cru.fr/multimedia/)
des informations sur la plupart des applications multimédia et de travail
collaboratif du domaine public.
Les outils présentés fonctionnent essentiellement sur station
de travail. Ils permettent la communication audio, vidéo ou le partage
de supports d’affichage au sein d’un groupe de travail.
CRU (Comité Réseau des Universités)
http://www.cru.fr/multimedia/
Pour terminer, des exemples de fonctions proposées par les
logiciels « Meeting 3D » et « Workspace 3D » de l’entreprise
TIXEO.
![]() |
![]() |
Communiquer |
Se
réunir |
![]() |
![]() |
Partager |
Coordonner |
-
Les supportsInternet
Un
exemple concret est donné sur le site suivant : un tableau blanc permet
de communiquer avec d’autres personnes connectées au même
moment sur le site (attendez un peu que quelqu’un se connecte !).
http://www.groupboard.com/demo/
Intranet
Les
Intranet de nos lycées nous apportent de nombreux exemples mais pour
voir une démonstration en extranet, connectez-vous ici :
http://promethee.eu.org/demo/
Extranet
Une
démonstration en vidéo !
http://www.nextcms.fr/fr/demonstration/display_flash_file2007022125.php
Wiki
Le
nom Wiki provient d’un adjectif en langue hawaiienne wikiwiki, qui signifie
rapide. Le principe est simple : il s’agit d’un modèle coopératif
de rédaction de documents. Concrètement, n’importe quel visiteur
a la possibilité de modifier la page qu’il est en train de lire. Les
modifications sont ensuite enregistrées et toutes les versions historiques
restent accessibles.
Logiciel de co-écriture, il présente la particularité d’être
accessible à tous, en ligne, à partir de n’importe quel point
d’accès à l’internet. Ainsi, un premier auteur rédige un
article, un second le complète puis un visiteur en corrige d’éventuelles
erreurs qu’il aura remarquées en naviguant sur le site.
Actuellement
on trouve des milliers de wikis sur internet. Les entreprises, les universités,
les associations les installent pour gérer des projets.
![]() |
Exemples Dictionnaires
Encyclopédies
|
Blogs
Exemple
: Le blog du café pédagogique :
http://www.cafe-leblog.net/index.php?2005/11/02/24-blog-et-education
Exemple
: Le blog : carnets web
http://flenet.rediris.es/blog/carnetweb.html
Exemple
: Les blogs : savoirCDI
http://savoirscdi.cndp.fr/pedago/Blogs/Blogaccueil.htm
Listes
de diffusion
Les
listes de diffusion peuvent être des supports au travail coopératif
mais elles sont finalement assez peu utilisées dans un cadre strictement
professionnel. A ce fait, deux raisons. Tout d’abord, le mail, plus familier,
vient concurrencer cet outil qui remplit finalement à peu près
la même fonction. Ensuite, des outils plus développés et
plus pratiques ont vu le jour : le PDA avec GRPS par exemple qui permet de recevoir
ses méls sur un petit assistant personnel n’importe où !
Les flux RSS...)
Il n’en reste pas moins que les listes de diffusion se développent
et fonctionnent très bien !
Exemples
:
Tout d’abord, la liste qui n’est plus à présenter
:
http://listes.cru.fr/sympa/info/ecogest
Puis,
trois serveurs dédiés à ce type de support :
- Sympa
(le serveur utilisé pour notre liste de diffusion ecogest !) - Mailman
- majordomo
Enfin,
quelques sites proposant des listes de diffusion :
Francopholistes
recense un très grand nombre de listes de diffusion :
http://www.francopholistes.com/
Educnet
propose plusieurs listes de diffusion concernant l’enseignement :
http://www.educnet.education.fr/listes_educnet/
Le
Sénat
http://www.senat.fr/lettre/lettre_presentation.html
Forums
Les
exemples donnés sont ceux de forums qui ne présentent pas un travail
coopératif à proprement parler mais ils permettent de voir leur
fonctionnement. Dans une entreprise, un forum peut être utilisé
comme outil de travail coopératif asynchrone notamment dans le cadre
d’une coopération additive ou de débat. Ces forums présentent
une richesse au niveau de la mémoire de l’entreprise (knowledge
management).
Exemples
:
Portail
des entreprises
http://www.portail-entreprises.fr/forum/
Portail
du Gouvernement : Premier Ministre
http://www.forum.gouv.fr/
Le
forum de Microsoft
http://www.forum-microsoft.org/
Momes.net
http://forum.momes.net/ecoleeducation/pedagogie/liste_sujet-1.htm
3. Les objectifs du travail coopératif
Dans
le programme de terminale CGRH, on nous dit que le travail coopératif
a pour fonction de : produire / communiquer / et coordonner.
Cette fonction est représentée dans le modèle du trèfle
de G-T SCOOP :
![]() |
|
Mais
ces fonctions ont des objectifs qui petit à petit se dévoilent
et montrent la richesse pour l’entreprise mais également pour les
salariés de cette nouvelle façon de travailler.
- Les
gains de temps :
Ils
sont évidents et prennent notamment appui sur l’organisation rationnelle
du travail. Les contraintes d’organisation (réservation d’une
salle de réunion, prise de contact entre les personnes, distances,...)
sont mises de côté pour concentrer les efforts sur la coordination
et la synchronisation.
Ainsi, selon Ghislaine CHARTRON (Maître de Conférences, URFIST
de Paris : « Nouvelles technologies et organisations de travail coopératif
: quelques repères »), un « système électronique
d’organisation de réunion » [...] « ...permet
une efficacité beaucoup plus grande : on parle d’un gain de temps de
50% par rapport aux réunions classiques. [...] ».
On
peut, en observant la matrice des modes de coopération de Johansen, constater
les différentes possibilités offertes par le travail coopératif
en terme d’organisation (lieu et temps).
- Les
gains de productivité :
Une
enquête de « Frost et Sullivan » met en avant les bénéfices
des outils collaboratifs. Selon cette enquête, la collaboration serait
un facteur clé de productivité. Juste devant l’orientation stratégique
et les turbulences du marché, la collaboration serait même le facteur
ayant le plus fort impact sur la productivité.
L’étude a été conduite auprès de 946 cadres commerciaux
et technologiques sélectionnés au sein de 2 000 PME et sociétés
internationales aux Etats-Unis, en Europe occidentale (France, Allemagne
et Royaume-Uni) et en Asie-Pacifique (Australie, Hong-Kong et Japon).
Six secteurs "verticaux" ont été identifiés pour
affiner les résultats de l’enquête : la santé, le gouvernement,
les hautes technologies, le secteur tertiaire, les services financiers et l’industrie.
Quelle que soit la région du monde et quel que soit le secteur d’activité,
une meilleure collaboration améliore sensiblement la productivité
globale de l’entreprise. Plusieurs raisons à cela : d’abord, le gain
de temps évoqués ci-dessus. En effet, pour presque 60% des personnes
interrogées dans les trois régions identifiées, une conférence
à distance (audio/Web/vidéo) est une bonne alternative à
une réunion en face à face.
La mondialisation a entraîné une mutation des méthodes de
travail. On travaille de plus en plus entre sites distants et pour 69% des répondants,
les technologies de l’information et de la communication permettent dans cette
configuration une meilleure organisation. Et 76% arrivent à la même
conclusion : les efforts de collaboration augmentent la productivité
globale de leur entreprise.
- Le
renforcement de l’esprit d’équipe (la culture d’entreprise
: voir le dossier sur le site du CREG) :
«
Quand la distance permet le rapprochement ! » : cette phrase
que l’on pourrait qualifier de slogan du travail coopératif montre
à l’évidence la propension de cet outil à la fédération
des équipes et des personnes dans une entreprise.
Si certains salariés avouent ne pas connaître parfois leur voisin
de bureau, les outils de coopération semblent faciliter voire provoquer
les contacts.
Certains outils semblent même si prêter de façon remarquable
: la messagerie instantanée, les forums, les listes de diffusion (l’exemple
de la liste de diffusion d’ECO-GEST est un exemple très parlant
- je n’ai, pour ma part, jamais fait connaissance avec autant de
collègues aussi rapidement ! -), les vidéoconférences...
- Le
knowledge management :
Dans
l’économie actuelle, la compétence des hommes devient l’élément
déterminant de la compétitivité de l’entreprise : c’est
un capital qu’il convient de bien connaître et de gérer avec soin
: quelles sont les connaissances ?, l’expérience ?, les aptitudes et
les potentialités de chacune des personnes ? Comment les compléter
ou les accroitre ? (Par la formation ? Par l’organisation des parcours professionnels
?)
Ceci est d’autant plus précieux à savoir que lorsque les évolutions
sont permanentes c’est parfois les compétences « cachées
» qui s’avèrent les plus précieuses :
John Doyle vice président de Hewlett Packard avait déclaré
un jour "Si seulement HP savait ce que HP savait !"
Partant
de ce constat, le travail coopératif semble répondre parfaitement
à ce principe. En effet, les connaissances peuvent être décelées,
capitalisées puis partagées très facilement sur une plate-forme
coopérative.
Une entreprise française « Trivium » (www.trivium.fr)
s’est lancée sur ce créneau avec succès. Son logiciel «
Gingo » donne à l’entreprise une connaissance fine des ressources
de compétence de son personnel, qui sont en général très
sous-utilisées parce que mal connues. L’entreprise a su déjà
convaincre PSA, Bouygues, France Télécom...
-
L’image de l’entreprise :
La
concurrence exacerbée qui caractérise de plus en plus notre environnement
économique contraint les entreprises à se distinguer par tous
les moyens possibles.
L’image de l’entreprise est basée sur une communication interne
et externe maîtrisée (plan de communication, charte graphique,
logo, tenues vestimentaires, culture de l’entreprise...).
Les nouvelles technologies et donc, le travail coopératif, semblent apporter
un plus à l’image que peut dégager une entreprise par rapport
à ses partenaires (clients, fournisseurs, concurrents, administrations...).
On
peut aisément deviner les qualificatifs attachés à la mise
en place d’un système de travail coopératif :
|
|
|
- Motiver
et valoriser les salariés :
La
mise en place d’un système de travail coopératif a également
pour objectif de remotiver les salariés.
La routine est souvent évoquée par les salariés comme étant
l’un des inconvénients du travail en entreprise. Le changement
d’activité (physique et intellectuelle) attise la curiosité
et donne l’envie de marquer de sa propre empreinte le nouvel outil.
Au-delà de la simple curiosité, le salarié voit également
dans le travail coopératif une revalorisation de son travail
et de ses compétences. C’est le moment soit de se former,
soit de dévoiler des compétences « cachées »
!
- Contrôler
les salariés :
On
évoque ici le terme de contrôle sous un aspect « positif
», l’aspect « négatif » sera évoqué
plus bas (4. Les limites du travail coopératif).
Le contrôle des salariés existe depuis que les entreprises existent
et s’il est utilisé à bon escient, il est accepté
voire apprécié par les salariés. En effet, ces derniers
y voient une reconnaissance du travail effectué par un regard externe
bienveillant. Si le supérieur hiérarchique approuve le travail
effectué, c’est qu’il est bien fait !
Les outils de travail coopératif favorisent ce contrôle en autorisant
une vision plus globale des tâches effectuées. Autrement dit, on
ne pourra plus entendre dans les couloirs de l’entreprise X : «
Il m’a reproché des choses sur ce point mais il n’a pas vu
que j’avais fait cela aussi ! ».
Les outils de Workflow donnent une vision globale et permanente de l’évolution
du projet et se révèlent donc être des outils puissants.
L’homme reste l’homme ; si le supérieur hiérarchique
fait une mauvaise utilisation de cet outil, ce n’est pas l’outil
qui devra être mis en cause !
4. Les limites et problèmes du travail coopératif
- Des
utilisations restreintes à certains domaines :
De
la même manière que « l’open space » n’a
pas remplacé complètement les bureaux fermés, les outils
coopératifs ne peuvent se substituer à certaines situations de
communication de type « Homme-Homme » qui demeurent obligatoires.
Par exemple, dans une relation hiérarchique, le supérieur préfère
avoir en face de lui son subordonné afin d’asseoir son autorité
(souvent par le biais d’une communication non verbale).
- Une
hiérarchie verticale à la française mal adaptée
:
Le
fonctionnement des entreprises françaises se caractérise par le
traditionnel organigramme développé et souvent critiqué
dans sa forme extrême. La relation hiérarchique est à la
base de toute prise de décision.
Ce constat frappe par son opposition avec le fonctionnement suggéré
par le travail coopératif. En effet, le TCAO présente plutôt
une organisation horizontale des rapports entre les personnes même si
une nécessaire coordination (Worflow) s’impose toujours (au moins
au départ).
- Des
problèmes techniques :
L’homme
est faillible, la machine aussi ! Peut-on au moins s’accorder sur cela
? Ce débat étant écarté, on peut lister ces problèmes
techniques et en apprécier l’importance et les conséquences.
Les
problèmes techniques sont divers :
- des
problèmes proprement liés à l’outil (problème
électrique, matériel, d’usure...) - des
problèmes de sécurité (virus, accès frauduleux
au réseau interne, cyber terrorisme...) - des
problèmes liés à une mauvaise utilisation (manque de
formation du salarié)
Au
niveau quantitatif, les problèmes informatiques sont assez élevés
en nombre mais, en même temps, ils tendent à diminuer avec le renforcement
des moyens techniques de protection et de surveillance. Ainsi, pour donner un
exemple simple en ce qui concerne les OS, Windows XP paraît aujourd’hui
plus « stable » que Windows 98 !
Au
niveau qualitatif, les problèmes informatiques ont des répercussions
évidentes sur l’activité d’une entreprise comme en
témoigne ce graphique proposé par le CLUSIF (club de la sécurité
de l’information français dans son bilan de 2005)
-
Une formation lourde en terme de durée et de coût :
Les
nouvelles technologies sont déjà un véritable casse-tête
pour les responsables des ressources humaines mais lorsque le management et
les habitudes se mêlent à cela, les DRH finissent par s’arracher
les cheveux !
Les
problèmes sont donc clairs :
- une
technologie parfois difficile à comprendre ; - une
technologie en perpétuelle évolution ; - des
habitudes de travail transformées ; - des
rapports de personnes modifiés...
Conclusion,
le travail coopératif coûte cher en formation (ou « déformation
») !
-
Et le contact physique dans tout ça ! :
Un
commercial vous le dira certainement : l’absence de contact visuel direct
est un handicap certain. Même si les ventes sur Internet viennent un peu
étayer ce propos, il n’en demeure pas moins que la communication
non-verbale apporte une véritable valeur ajoutée dans des échanges
interpersonnels.
Il ressort de certaines études que le rapport « Homme-Machine-Homme
» entraîne une communication monotone dépouillée de
forme qui relève uniquement du fonctionnel.
Les possibilités du virtuel limitées par la technique et la webcam
donnant souvent l’impression de parler à un robot (voix saccadée,
couleurs fades ou surexposées...) confirment ces propos.
Il est donc important au moment de la mise en place d’une plate-forme
coopérative de conserver certaines pratiques traditionnelles (réunions
de groupe, entretien en face à face...) afin de ne pas provoquer
un refus complet d’un outil qui ne peut répondre à toutes
les attentes.
- Des
méfiances et des réticences de la part des salariés :
Le
recours de plus en plus systématique aux nouvelles technologies de réseau
a des incidences considérables sur le rapport salarial. Progressivement,
l’information dont disposent les entreprises est numérisée,
quelque soit la nature de cette information. Dès lors qu’elle est
informatisée et susceptible d’accès par internet ou intranet,
des risques d’accès indus à cette information sont réels
pour le salarié (contrôle abusif dans le domaine de la vie
privée) mais aussi pour l’entreprise (confidentialité
de certaines données).
L’évolution
aura été constante. D’abord, le contremaître, personne
repérable, chargé de contrôler la présence physique
du salarié sur son lieu de travail et en activité. Puis, les “contremaîtres
électroniques” chargés du contrôle de la présence
physique : les badges d’accès. S’ouvre désormais l’ère
du “contremaître virtuel” pouvant tout exploiter sans que
le salarié en ait toujours parfaitement conscience et permettant, le
cas échéant, au-delà des légitimes contrôles
de sécurité et de productivité des salariés, d’établir
le profil professionnel, intellectuel ou psychologique du salarié “virtuel”.
Ce
contrôle du “cybertravailleur” s’exerce d’autant
plus que toute architecture en réseau a pour effet d’éloigner
géographiquement le salarié de sa hiérarchie.
Des
entreprises de plus en plus nombreuses adoptent des chartes d’information
précisant les mesures de sécurité à prendre et les
usages qu’il peut être fait par les salariés des nouveaux
outils informatiques mis à leur disposition. L’examen de ces chartes
qui sont très rarement négociées avec les représentants
du personnel ou leurs syndicats, manifeste un déséquilibre patent
entre les prérogatives de l’employeur et les droits des salariés.
C’est ainsi que la plupart des chartes dont la CNIL a eu à connaître
prévoient que l’ensemble des données de connexions qui peuvent
révéler à l’administrateur du système, ou
au chef de service, ou au directeur de personnel, l’usage qui est fait
de l’outil (les sites qui ont été consultés, les
messages qui ont été adressés) sont conservées pendant
des durées très longues et font l’objet d’analyses
individualisées.
De plus, les salariés demeurent encore largement ignorants des possibilités
de traçage que les nouvelles technologies offrent à l’employeur
et, de fait, l’équilibre nécessaire entre contrôle
légitime exercé par l’entreprise et respect des droits des
salariés ne paraît pas assuré dans bien des cas.
Conclusion
:
Le
travail coopératif est donc bien une forme d’organisation
scientifique du travail mais qui se caractérise par des tâches
motivantes et gratifiantes (activité intellectuelle).
Cependant, ce nouveau type de travail perturbe l’organisation.
Le management se réorganise : ses nouvelles attributions
doivent faire naître des compétences et des attitudes nouvelles
de la part des salariés. Les salariés devront développer
des compétences de partage, des désirs de connaissance, des capacités
d’innovation et de réaction, accepter le consensus et l’intervention
d’autres salariés, sans forme de légitimité hiérarchique
sur leur travail, et enfin repenser leurs manières de se positionner
par rapport aux autres. Les salariés et les experts deviennent
des contributeurs. Ces nouvelles relations et attitudes entraînent
des conséquences fortes en terme relationnel qui ne s’instaurent
pas d’elles-mêmes. Contrairement à ses attributions habituelles
de direction et d’organisation, le manager devra orchestrer, susciter
la créativité, favoriser le « jouer ensemble », organiser
les échanges (...). Ce rôle de pilote est nouveau pour
le manager.
BIBLIOGRAPHIE :
![]() |
Prix |
Le
travail collaboratif se développe dans toutes les entreprises et notamment
dans les processus conduits en mode projet. L’usage intensif des outils
de travail collaboratif bouleverse les pratiques traditionnelles du management
de projet. L’ouvrage présente les concepts, les méthodes
et les outils pour développer les bonnes pratiques collaboratives requises
pour la généralisation du travail en équipe sur Internet.
Le
livre s’articule en trois parties. La première est consacrée
à la présentation du nouveau mode projet : on y affirme la conception
du projet comme processus de travail et de communication modélisable
et la primauté de la communication sur la planification. La seconde partie
est centrée sur l’utilisation des technologies pour l’organisation
de plateaux projet virtuels. Enfin, la troisième partie fournit une méthodologie
axée sur la constitution des « compétences collaboratives
», la mobilisation de logiques et de règles d’usage des outils
de travail collaboratif et la mise en œuvre de bonnes pratiques, illustrées
par des situations concrètes : agencement d’un plateau projet virtuel,
situations de coproduction, de co-pilotage et d’apprentissage des pratiques
collaboratives en équipe virtuelle.
Ce livre est illustré d’exemples tirés de l’utilisation
du logiciel Documentum eRoom
L’impression
de cet ouvrage a souffert d’une mauvaise qualité de reproduction
de certaines captures d’écran. Les lecteurs peuvent demander à
procéder à un échange en renvoyant l’ouvrage défectueux
à Vuibert Informatique, 12 rue des Cordelières, 75013 Paris.
-
LES DOSSIERS DE VEILLE DE L’INRP
Avril 2006
L’édition de référence libre et collaborative :
le wiki
Dossier
téléchargé en ligne (Acrobat reader) -
EXEMPLE DE WORKFLOW APPLIQUE AU MONDE DE L’ASSURANCE : Pilotage
d’un flux administratif de gestion de sinistres, J.P. Ogus, SIGED, session
"WORKFLOW-GROUPWARE", Septembre 1992. - TELEPHONIE
SUR L’INTERNET / JEAN-FRANÇOIS SUSBIELLE
Eyrolles, 1996. - 290 p. : ill. ; 23 x 17 cm.
SUR INTERNET
:
Passer aux réunions virtuelles : comment préparer ses équipes
au changement ?
Le journal du management
(février 2006)
http://management.journaldunet.com/dossiers/0602122reunions-virtuelles/conseils.shtml
Mieux
utiliser Word : travailler à plusieurs sur un même document
Le journal du management
(avril 2006)
http://management.journaldunet.com/dossiers/0604129word/travail-collaboratif.shtml
Météo
France optimise sa formation avec un agenda partagé
Le journal du management : par Fabrice DEBLOCK
(janvier 2005)
http://solutions.journaldunet.com/0501/050125_meteo_france
Intranet
: les nouvelles façons de travailler
Dossier réalisé en février 2005 par Corentine Gasquet et
Agnès le Gonidec
http://management.journaldunet.com/dossiers/050271intranet/
Airbus
cultive le travail collaboratif
Le journal du management : par Nicolas HUMEAU
(février 2005)
http://management.journaldunet.com/dossiers/050271intranet/airbus.shtml
Collaboratif
: bien perçu, mais...
Le journal du management : par Pierre Lombard - Directeur e-business, Benchmark
Group
(18 février 2003)
http://solutions.journaldunet.com/0302/030218_chro_lombard.shtml
L’institut
Pasteur facilite les réunions de ses collaborateurs avec un agenda partagé
Le journal du management : par Jérôme MORLON
(avril 2003)
http://solutions.journaldunet.com/0304/030424_pasteur.shtml
Les
webconférences débarquent
Le journal du management
(septembre 2003)
http://management.journaldunet.com/dossiers/0309reunion/visio.shtml
Wiki,
le summum du collaboratif
Le journal du management
(novembre 2003)
http://management.journaldunet.com/dossiers/031115cominterne/wiki.shtml
Les
catégories d’outils collaboratifs
Le journal du management : par Nicolas SIX
(octobre 2002)
http://solutions.journaldunet.com/0210/021028_1colla.shtml
Les
blogs professionnels : quelques règles de droit
Avocat Online : par Murielle CAHEN
http://www.murielle-cahen.com/p_blog2.asp
Le
Web Pédagogique : partage des connaissances
Vincent Olivier
http://lewebpedagogique.com/
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