Vers une simplification du code du travail ?? Les propositions de la commission de Virville

, par Viviane Mechali

Le 15 janvier 2004, Michel de Virville a remis au ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité, des propositions relatives à une simplification du code du travail : « Pour un code du travail plus efficace ».

Composée de Michel de Virville, Secrétaire Général de Renault et Directeur des Ressources Humaines du groupe de Renault, d’experts juridiques cette commission a consulté des organisations syndicales et professionnelles et des personnalités qualifiées et experts. Cinquante propositions sont présentées.

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Le contexte juridique actuel

La commission constate que le droit du travail, droit évolutif, s’adapte
en recherchant en permanence le subtil équilibre entre la protection
du salarié, l’expression des droits individuels et collectifs et
la mise en œuvre d’un cadre juridique, cohérent permettant
à l’employeur de gérer une organisation efficace et respectueuse
des droits des employés. Cette nécessaire adaptation conduit à
agréger des dispositifs juridiques pas toujours cohérents, complexes
et difficilement applicables.

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Les préconisations de la commission de Virville

Pour
répondre à ces préoccupations de simplification, plusieurs
propositions permettant une homogénéité, une meilleure
visibilité et accessibilité des dispositions juridiques, une meilleure
organisation des modalités d’intervention du juge et une place
plus importante à la négociation collective sont émises.
En voici l’essentiel.


  • Création d’une instance de « veille juridique »

    qui serait chargée par le gouvernement de pointer les difficultés
    qui se posent dans divers domaines du droit du travail. Cette instance serait
    construite sur le modèle du Haut Conseil à l’intégration
    ou du Conseil des impôts et « pourrait attirer l’attention
    des pouvoirs publics sur les projets de réformes qui lui paraîtraient
    utiles ».

  • Mise en ligne, à partir du site légifance de la base de
    données interne aux services du ministère du travail
    .
  • Refonte
    du code du travail
    avec proposition de constituer des manuels d’information,
    permettant à une catégorie spécifique de salariés
    ou d’employeurs d’identifier les règles qui leur sont
    applicables. Un manuel destiné aux petites entreprises est envisagé.

  • Mise en ligne systématique des accords déposés
    auprès des Directions Départementales du travail, de l’emploi,
    et de la Formation Professionnelle (DDTEFP)

  • Encouragement auprès des juridictions de premier niveau à
    utiliser la procédure de saisine
    pour avis instituée devant
    le conseil d’Etat par la loi du 31décembre 1987, puis par la
    loi 15 mai 1991 devant la cour de cassation.

  • Elaboration d’un pacte qui permettrait une meilleure collaboration
    entre les partenaires collectifs et les parlementaires. Dans ce pacte, des
    règles générales aux différentes branches seraient
    définies et garderaient leur caractère intangible et d’autres
    dispositions pourraient être examinées par les partenaires
    sociaux. Un projet de loi reprendrait « ce pacte de négociation
     » et permettrait le respect des principes de la négociation
    collective.

  • Création d’un Conseil d’entreprise dans les entreprises
    de moins de 250 salariés
    exerçant à la fois les
    attributions de délégués du personnel, du comité
    d’entreprise et des délégués syndicaux, afin
    de favoriser la représentation et le développement des négociations
    collectives dans des structures dépourvues d’institutions représentatives.

Cependant
la principale proposition qui retient l’attention et qui devrait répondre
à un objectif de cohérence et d’équilibre, et à
des besoins spécifiques pour certaines activités, est la proposition
N°19
.
Cette proposition préconise « de compléter l’éventail
des contrats spéciaux existants en créant une nouvelle forme de
contrat, ouverte à des cadres ou des personnels qualifiés, notamment
des experts, et permettant à un salarié d’être recruté
par une entreprise pour participer à la mise en œuvre d’un
projet déterminé. Elle y voit un moyen efficace pour clarifier
des situations de travail ambiguës et souvent précaires
 ».
Par la négociation collective, des contrats de cette nature pourraient
être conclus pour des missions spécifiques relevant des compétences
de cadres, ou de personnels disposant de qualifications très pointues,
proche de l’expertise.

3
L’actualité jurisprudentielle

Alors
que la commission de Virville remettait son dossier, la chambre sociale de la
cour de cassation rappelait dans deux arrêts rendus le 21 janvier 2004
que le recours au travail temporaire pour les entreprises devait être
exceptionnel et résultait d’un surcroît d’activité.
La commission de Virville préconise dans sa proposition n°19 la création
d’un contrat de mission de cinq ans pour des missions et des fonctions
précises. Elle favoriserait donc plus de flexibilité.

Parallèlement,
la cour a requalifié en contrat à durée indéterminé
le contrat de 19 salariés intérimaires travaillant pour la SOVAB
(filiale de Renault) et pour LATECOERE. L’argument invoquant le succès
commercial d’un des véhicules et donc le caractère exceptionnel
d’activité n’a pas été retenu.

Cette
décision jurisprudentielle freine l’utilisation de l’intérim
et rassure ceux qui avec la publication de ce rapport voyaient la multiplication
des emplois précaires se développer.

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Pour aller plus loin


5 Pour une utilisation pédagogique


  • Les relations individuelles du travail

  • La représentation et l’action collective des salariés
    dans l’entreprise

  • Les sources du droit

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Propositions de la commission Virville

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