Face à
l’évolution des modes de consommation (nomadisme, volatilité,
. . .), les entreprises doivent sans cesse adapter leurs pratiques commerciales
et améliorer leur réactivité pour répondre au raccourcissement
considérable du cycle de vie des produits de grande consommation.
Les enjeux de l’optimisation de la chaîne logistique
Dans
ce contexte, la gestion de la chaîne logistique (GCL ou SCM pour Supply
Chain Management, le concept anglo-saxon équivalent plus largement utilisé)
apparaît comme un axe de rationalisation majeur de l’activité
des entreprises. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs construit
leur avantage concurrentiel sur leur savoir-faire logistique, à l’image
de Zara, Dell, Wal Mart et bien d’autres.
L’économie
estimée que pourraient réaliser distributeurs et industriels à
travers l’amélioration de leurs performances logistiques s’élève
en effet à 16 milliards d’euros d’après une étude
de Cap Gemini Ernst & Young. Inversement, des performances médiocres
ou insuffisantes par rapport aux standards du secteur d’activités
peuvent se révéler fatales. Ainsi, « plusieurs facteurs
ont contribué à la chute [de K Mart] (un des leaders de la grande
distribution aux Etats-Unis derrière Wal Mart), mais le plus important
a été son manque de compétitivité sur les prix,
un échec que certains attribuent à son incapacité à
maîtriser les technologies Supply Chain, par conséquent, à
bénéficier des gains de productivité logistique »
(Now in Bankrruptcy, Kmart struggled with supply chain, Information Week january
28, 2002).
L’importance
stratégique de la fonction logistique n’est plus à démontrer
et se traduit d’ailleurs par un rattachement croissant de cette fonction
à la direction générale, et non plus à la direction
production et/ou industrielle. Un autre indicateur est la professionnalisation
croissante de la fonction logistique, illustré par l’apparition
de la fonction « Supply Chain Manager » dans les entreprises, dédiée
à l’optimisation de l’ensemble des flux logistiques de l’entreprise,
provoquant de fait une différentiation entre les acteurs de pilotage
des flux, ayant une approche plus transversale et les acteurs de gestion opérationnelle
(l’expédition et la gestion des entrepôts essentiellement)
des activités logistiques.
Les
objectifs des démarches d’amélioration de la gestion de
la chaîne logistique sont multiples :
-
Pour le distributeur, les bénéfices attendus sont l’augmentation de la disponibilité des produits (le taux de service) pour le consommateur, associé à une diminution du niveau de stock (et ce d’autant plus que le cycle de vie des produits est court, avec un risque d’obsolescence et de décote des produits).
-
Pour le fournisseur, les gains se concrétisent autour de trois axes : une meilleure gestion de son propre stock de produits finis ; la possibilité d’optimisation de son processus de fabrication (grâce à une logistique en flux tendus permettant de minimiser les stocks tampons) ; enfin la possibilité d’optimiser ses coûts de distribution, à travers une meilleure composition et planning des expéditions.
Si
la GCL n’est pas un phénomène nouveau l’évolution
des outils informatiques, en permettant d’enregistrer des gains de productivité
importants, ont considérablement contribué à actualiser
la problématique.
Optimisation de la chaîne logistique et système d’information
de l’entreprise : des outils adaptés à chaque niveau décisionnel
de l’entreprise
L’optimisation
de la chaîne logistique s’opère à travers la mise
en œuvre d’actions spécifiques qui se situent à différents
niveaux du fonctionnement des entreprises :
-
La prévision des volumes de vente afin d’anticiper le volume
d’activité de l’entreprise pour lui permettre d’adapter
ses ressources à toute évolution de l’activité
-
La synchronisation des informations et des modes opératoires entre
les différentes fonctions de l’entreprise (production, administratif,
distribution, commercial...) impliqués dans le déroulement
de la chaîne logistique ; -
Et enfin l’amélioration de l’intégration des activités
logistiques proprement dites, à savoir les activités de préparation
des commandes, d’entreposage et de transport.
Comme
l’illustre le tableau ci-dessous, chacun des niveaux décisionnels
de l’entreprise concernés par l’optimisation de la chaîne
logistique est doté d’un outillage informatique spécifique,
proposés par des éditeurs souvent spécialisés dans
les problématiques propres à chacun des niveaux concernés
:
-
les progiciels APS (Advanced Planning System) en amont de
l’activité logistique, permettent une automatisation du processus
de planification des achats, de la production, de la distribution et des transports
en effectuant des arbitrages entre les demandes prévues des clients
et les capacités des fournisseurs à y répondre ; -
les ERP (Enterprise Ressource Planning) pour la gestion opérationnelle
quotidienne de l’activité logistique, dont l’implantation
dans les entreprises est plus ancienne et qui possèdent pour la plupart
des modules de stocks et de logistiques ; ce sont des logiciels de gestion
paramétrables qui intègrent les données relatives à
l’ensemble des fonctions d’une entreprise (prospection, vente,
facturation, production, stock, approvisionnements, comptabilité et
finance,....). Concrètement, ils permettent de planifier les réapprovisionnements
à partir des capacités maximales de stockage, de calculer le
nombre d’entrepôts nécessaires par région, de sélectionner
le mode de transport le plus économique, de planifier les tournées...
; -
et les logiciels SCE (Supply Chain execution) pour la gestion
des entrepôts et des tournées ; ils rationalisent la totalité
du cycle de traitement des commandes en permettant un suivi de l’état
d’avancement des commandes, une optimisation de l’ordonnancement
des transports et une amélioration des préparations des commandes
(pilotage d’éxécution). Ces logiciels sont orientés
vers l’optimisation de l’activité logistique en temps réel.
Des logiciels adaptés à chaque niveau décisionnel
de l’entreprise
Les
différentes fonctions de l’entreprise et les processus associés |
|||||
Niveau
décisionnel / Type de logiciel |
Acheter |
Fabriquer |
Stocker |
Transporter |
Vendre |
Stratégique |
Quels fournisseurs ? | Quelles usines, quels sous-traitants ? | Quel réseau de distribution ? | Quels modes de transport, quels transporteurs ? | Quels produits/services, quels clients ? |
| Tactique ADVANCED |
Planification des achats | Planification de production | Planification de la distribution | Planification des transports | Prévision des ventes |
Opérationnel ENTERPRISE |
Gestion des achats | Gestion de la production | Gestion des stocks | Gestion des transports | Administration des ventes |
Exécution SUPPLY |
Approvisionnements | Suivi d’atelier(Manufacturing execution system) | Gestion de l’entrepôt(Warehouse Management Systems) | Gestion des tournées(Transportation management system) | Saisie des commandes |